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Sermon du vendredi prononcé par Sa Sainteté le Calife, Hadrat Mirza Masroor Ahmad, chef spirituel de la Communauté Islamique Ahmadiyya Internationale, le 13 décembre 2013, à la mosquée Baitul-Futuh, au Royaume-Uni. Après le Taouz, tashahoud et la Sourate Al-Fatiha, il a déclaré :

 

J’ai évoqué le sujet de la réforme de ses actes au cours de mes deux précédents sermons. Et la semaine dernière en soulevant certaines questions j’avais mis en exergue plusieurs aspects des préceptes du Messie Promis (a.s.) et j’avais demandé si nous étions en train de les appliquer ou pas. [Sachez cependant que] notre réforme ne se limite pas à cela : l’Islam abonde de directives qui ont été amplement décrites dans le Saint Coran.

Tout en soulignant l’importance de notre réforme, le Messie Promis (a.s.) affirme à cet effet :« Je vous assure en toute vérité que quiconque enfreint un seul des sept cents commandements du Saint Coran ferme de ses mains la porte de son salut. » Nous devons nous préoccuper de cet état des choses et ce n’est qu’après mûre réflexion qu’il nous convient d’entreprendre quelque action que ce soit. Le Messie Promis (a.s.) a été envoyé afin de nous soumettre à l’autorité du Saint Coran, de nous encourager à suivre l’exemple du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ainsi que le sien et il n’a cessé de nous interpeller quant à l’importance de cet objectif.

Après une analyse franche de notre situation force est de constater que nous pourrons, pour quelques temps, effectuer ce travail de réforme après avoir entendu les conseils du Messie Promis (a.s.) , mais peu de temps après la majorité d’entre nous retournerons nos anciennes habitudes, à l’exemple de ce diable à ressort qui jaillit hors de sa boîte dès que le couvercle s’ouvre.

Ainsi tant que l’on prodigue des conseils sur un thème donné l’effet se fera sentir sur la majorité des gens. Mais dès que l’influence de ces conseils et l’attention qui l’accompagne commencent à s’estomper le ressort de l’âme ou des vices bondit sous forme d’un péché.

Nombre d’ahmadis sincères m’ont informé que dans la foulée de mes précédents sermons ils s’efforcent de se réformer et qu'ils prient en ce sens ; ils me demandent aussi de prier pour que l’effet de mes conseils perdure et que leur [tendance] à pécher soit à tout jamais enchaîner.

Mais la question essentielle est de savoir pourquoi n’arrive-t-on pas à s’empêcher de commettre des transgressions ? Ce n’est qu’après avoir su les raisons que l’on pourra, avec succès, prendre les mesures nécessaires pour se réformer et éradiquer les facteurs qui favorisent le péché. Si l’on ne maintien pas une vigilance à toute épreuve les mauvaises habitudes reviendront en force après un cours laps de temps.

Quand j’ai réfléchi et lu davantage à ce propos je suis tombé sur des conseils du deuxième Calife, qui dans ses discours et écrits, présentait à l’aide d’exemples et [de préceptes tirés] du saint Coran, des Hadith et des propos du Messie Promis (a.s.) , la solution à une question probable. Sa manière d'expliquer les choses était unique.

Je compte vous présenter aujourd’hui les solutions à la problématique qui nous intéresse à la lumière de ses conseils. Le premier obstacle qui entrave la voie vers la réforme est le classement [erroné] des transgressions en péchés majeurs et mineurs : c’est une définition que d’aucuns ont imaginé de leur propre chef ou sous l’influence de leurs oulémas. Ce concept les empêche d’effectuer leur réforme car cela les incite à commettre des péchés et leur fait perdre [toute notion] de la gravité de leurs écarts de conduite. Et ils croient, à tort, qu’il est tout à fait normal de commettre une transgression mineure ou que le châtiment qui en résultera ne sera pas sévère.

Le Messie Promis (a.s.) affirme à cet effet : « Il serait impossible de recouvrer sa santé sans se faire soigner et sans prendre de remède approprié quand on souffre d’une maladie, quelle qu’en soit sa gravité. Dès qu’une tache apparaît sur le visage l’on vivra dans l’angoisse qu’elle ne la recouvre entièrement. Il en est de même du péché : c’est une souillure qui marque le cœur. Et les transgressions « mineures » se transforment vite en péchés majeurs : ils prennent de l’ampleur et enlaidissent au final le visage tout entier. »

Si l’on considère que tel péché est insignifiant il en restera une trace et quand la situation se présentera ce que l’on croyait être un manquement sans importance se transformera en péché majeur. Ceci doit nous pousser à faire notre analyse de conscience, car Allah a prescrit des châtiments pour toute transgression.

Quelle est la définition des péchés et des vertus selon le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) ? Il a donné des directives distinctes à différents individus en des occasions particulières. A quelqu’un qui lui a demandé quel est le plus grand mérite [aux yeux de Dieu] il a répondu « servir tes parents » à un autre qui lui a posé la même question il a répondu : «  Accomplir la prière Tahajjud . », est à un troisième il a dit : « L’œuvre la plus méritoire pour toi c’est de participer dans le djihad . » Ceci sous-entend que la vertu change de définition selon la situation et les circonstances de la personne concernée.

On nous accuse d’éviter de prendre part au djihad, un acte de grand mérite. À l’époque où l’on s’attaquait, l’épée à la main, à l’Islam le djihad par les armes était l’œuvre la plus méritoire, tant et si bien que Dieu a prescrit des châtiments pour ceux qui n’y participent pas en ayant des excuses valables. Mais le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) a aussi déclaré que quand le Messie viendra il mettra fin à la guerre , car l’on s’attaquera à l’Islam en usant non pas de l’épée mais par l’intermédiaire de la presse écrite, des médias et par d’autres méthodes. Et pour répliquer le Messie Promis (a.s.) ainsi que sa communauté useront des mêmes armes. C’est ce que le Messie Promis (a.s.) indique dans ces vers : « Dès ce jour lutter par les armes pour sa foi est interdit. »

Il fut un temps où le djihad par les armes n’était pas seulement permis mais essentiel pour la survie de l’Islam qui vivait sous la menace des armes ennemies. Mais aujourd’hui ce djihad-là n’est plus une œuvre méritoire, au contraire elle est interdite, tant que l’ennemi n’agresse pas l’Islam par l’usage de ses armes. Le djihad d’aujourd’hui c’est de diffuser, grâce à la presse écrite aux médias et aux publications, les beaux enseignements du Coran et de l’Islam, en somme c’est le djihad du savoir. Si l’on ne peut y participer directement parce que sa connaissance fait défaut ou pour d’autres raisons, on peut tout de même l’accomplir en participant financièrement dans la publication des ouvrages et dans d’autres programmes. Mais si celui qui accomplit ce djihad ne subvient pas aux besoins de sa femme et de ses enfants, l’acte le plus méritoire pour lui ne serait pas d’y prendre part mais d’accomplir [en premier] ses devoirs envers sa famille. Priver ses proches de leurs droits, négliger l’éducation [de ses enfants] fera de lui un grand pécheur.

Certes à l’époque du Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) le djihad par l’épée était un acte fort louable, mais en dépit de cela il a conseillé à untel que la plus grande vertu dans son cas serait de servir ses parents. Ainsi la définition d’une bonne œuvre et de la vertu fluctue en fonction de la situation de l’individu et de ses circonstances.

Dépenser son argent à mauvais escient est une transgression. Il existe aujourd’hui des machines à sous et d’autres jeux du hasard. Certains sont accros des loteries et d’autres perdent leurs argents dans des machines à sous. Mais ceux-là même éviteront dans la vie courante le mensonge, la cruauté et le meurtre, des actes qui sont autant d’abominations à leurs yeux. Dans leurs cas les jeux du hasard et dépenser à mauvais escient leur argent est le plus grand péché car ils considèrent déjà les autres actes comme des transgressions.

Prenons le cas d’une femme qui, en dépit de se dire ahmadie, ne porte pas de vêtements modestes et ne se couvre pas lorsqu’elle sort hors de chez elle. Peut-être quand on lui demandera de consentir à des sacrifices financiers ou de contribuer pour une œuvre charitable elle le fera généreusement ou peut-être aussi que le mensonge l’insupporte. L’œuvre la plus méritoire dans son cas ne serait pas d’augmenter ses contributions ou de reprouver le mensonge, mais d’appliquer les injonctions du Saint Coran sur le port du voile ainsi que des vêtements modestes et de respecter les règles de la modestie islamique . Sinon elle serait en train de négliger une œuvre méritoire qu’elle considère insignifiante et tôt ou tard cela la poussera à commettre des péchés plus graves. Ainsi la définition des vertus et des vices change en fonction de l’individu et de sa situation à un moment donné.

Tant que perdura ce classement [erroné] des péchés majeurs et mineurs l’on ne pourra se préserver du vice et l’on ne pourra accomplir des actes méritoires. Ayez toujours à l’esprit ce principe fondamental : le plus grand péché est celui dont il est difficile de s’en débarrasser ; c’est la transgression qui est gravée dans ses habitudes. Et la plus grande vertu est d’accomplir l’action qui semble la plus difficile. Ainsi des péchés peuvent être majeurs pour certains et mineurs pour d’autres ; certaines œuvres seront de grand mérite pour d’aucuns et ne le seront pas pour d’autres.

Si nous désirons nous reformer bannissons cette notion erronée qui stipule que l’adultère, le meurtre, le vol, la médisance sont les seules grandes transgressions et que les autres écarts de conduite sont mineurs. Evitons aussi de croire que le jeûne [du Ramadan], la Zakat, le pèlerinage sont les seules vertus de grand mérite et que les autres œuvres ont moins d’importance. Voilà en somme le concept de la majorité des musulmans. Tant que l’on ne se débarrasse pas de telles inepties nos œuvres seront en danger. Ayons à l’esprit les paroles du Messie Promis (a.s.) à savoir « quand on enfreint un seul des sept cents commandements du Saint Coran on ferme de ses propres mains la porte de son salut. »

Les autres musulmans sont allés très loin dans leurs exagérations. A titre d’exemple ils accordent une grande importance au jeûne [du Ramadan] et le pratique assidûment tout en négligeant néanmoins la prière en congrégation. D’aucuns parmi eux éviteront de payer la Zakat mais jeûneront certainement, car abandonner le jeûne selon eux est péché impardonnable.

En 1974 le gouvernement pakistanais a amendé sa constitution afin de déclarer que les ahmadis ne sont pas musulmans. [En ce temps là] à la fin de l’année l’état pakistanais prélevait directement des comptes bancaires des musulmans non-ahmadis ce qu’ils devaient comme Zakaat. Cela n’affectait pas les ahmadis qui n’étaient « pas musulmans » selon la loi. Je ne sais quel est la situation aujourd’hui mais à l’époque de nombreux non-ahmadis se déclaraient qadiani ou ahmadi sur leurs formulaires bancaires afin d’éviter de payer la Zakat. Voilà en somme l’état de leur foi. Selon eux les ahmadis sont des mécréants, mais au moment payer la Zakat ils se joignent promptement à eux. Cette situation prévaut car au lieu de se tourner vers Dieu et Son Prophète (s.a.w.) pour connaître la définition du bien et du mal ils se tournent vers leurs soi-disant érudits et oulémas.

Le deuxième Calife a présenté un incident qui s’est passé lors d’un voyage effectué par le Messie Promis (a.s.) pendant le Ramadan à Amritsar où il devait prononcer un discours. Sa gorge s’était asséchée quand il parlait et constatant son désagrément quelqu’un lui a présenté à deux reprises une tasse de thé qu’il a refusée. Il l’a acceptée la troisième fois se disant peut-être qu’il devait profiter de la situation afin de démontrer aux autres l’application pratique de la permission de ne pas jeûner pendant le Ramadan [quand on est en voyage] . Mais dès qu’il a bu une gorgée cela a provoqué un tollé parmi les non-ahmadis dans la salle. « Il se dit Mahdi et il ne jeûne même pas pendant le Ramadan ! », clamaient-ils. Auprès de ceux-là le jeûne du Ramadan est si sacré que l’on doit jeûner même si cela exige de transgresser l’ordre de Dieu. Le deuxième calife ajoute qu’il se peut que 99 % de ceux qui étaient présents ne priait pas régulièrement, qu’ils seraient des menteurs, des fourbes, des voleurs. Mais il est aussi vrai que 99 % d’entre eux seraient en train de jeûner ce jour-là parce qu’à leurs yeux le jeûne est la vertu la plus méritoire. Mais leur jeûne ne serait pas celui qu’avait préconisé le Saint Prophète Muhammad (s.a.w.) , qui avait déclaré qu’aux yeux de Dieu celui qui, tout en jeûnant, n’abandonne pas le mensonge, la médisance, les insultes, serait en train de s’affamer et de s’assoiffer [pour rien].

Une simple analyse prouve que la majorité des musulmans se contentent de s’affamer et de s’assoiffer. Ils accordent une importance outrancière au jeûne et à quelques autres actions pensant que cela suffit pour mériter le pardon de Dieu. Ce faisant ils ne pourront pas se maintenir sur la voie de la piété et ne pourront éviter non plus le péché. Et ils ne sont pas prêts à combattre ces transgressions qu’ils considèrent mineures et c’est ainsi qu’ils s’empêtrent dans un péché après un autre.

La définition de l’Islam de la plus grande vertu est d’accomplir l’œuvre qui nous parait le plus difficile et c’est quelque chose de différent pour chaque individu. Le plus grand péché selon l’Islam est le vice qui nous semble être le plus difficile à abandonner.

De ce fait, afin d’effectuer notre réforme il nous sied de comprendre que nous devons accomplir toutes les bonnes œuvres recommandées et éviter tous les péchés interdits. Notre propre définition du bien et du mal ne nous permettra pas d’accomplir des bonnes oeuvres et d’éviter les écarts de conduite.

En négligeant ce que l’on considère être des vertus mineures l’on se privera d’actes de grand mérite. Et en croyant que certaines transgressions sont sans importance l’on causera des pertes irréversibles à sa spiritualité et l’on se privera de la pureté que Dieu accorde à l’homme en récompense.

Ainsi une vigilance collective est de mise : pour éradiquer un mal il faut agir de concert. Tous les individus que compose la communauté doivent faire des efforts en ce sens. Si chacun de son propre chef commence à définir le bien et le mal, ce qui est considéré comme une transgression pour l’un ne le sera pas pour un autre. Il faut que tout le monde réfléchisse dans le même sens. A titre d’exemple la majorité des musulmans croient que le plus grand des péchés, plus grave même que le polythéisme, c’est de consommer la chair de porc. Tout criminel, voleur, adultère, fieffé pécheur parmi les musulmans n’hésitera pas à commettre ses délits, mais dès qu’on lui demandera de consommer la chair de porc il répondra « Je suis musulman et cela m’est interdit. » La raison derrière cette répugnance est que les musulmans collectivement considèrent la consommation du porc comme un grand péché. Même les musulmans qui sont nés, qui ont vécu et grandi en Occident répugnent de consommer du porc en raison de l’instinct collectif des musulmans.

Il est ainsi important de faire naître en chaque individu cette aptitude à éviter le mal et à accomplir de bonnes œuvres, et de comprendre qu’il n’y pas de vertu ni de péché ordinaire. Tant que nous n’en serons pas conscients cette définition du mal perdurera dans la société et sera un obstacle à la réforme de notre conduite.

Les autres entraves à la réforme sont l’influence de la société et l’aptitude [innée] à imiter l’autres que Dieu a inscrite dans la nature humaine et [qui se manifeste] dès l’enfance. Certainement ce don est un avantage, mais utiliser à mauvais escient il peut causer de grands torts. C’est grâce à cette aptitude et en raison de l’influence de l’environnement que l’enfant apprend à parler de ses parents.

Si ses parents sont vertueux, s’ils sont réguliers dans leurs prières et dans la lecture du Saint Coran, s’ils éprouvent une affection mutuelle et s’ils détestent le mensonge, leur enfant sera influencé par leurs mérites et adoptera les mêmes valeurs. Mais si au sein de cette famille l’on ne cesse de mentir, de se disputer, de se ridiculiser et si l’on ne respecte pas la djama’at, quand l’enfant sera témoin de pareils manquements, son aptitude à imiter l’autre ou l’influence de son milieu le poussera dans la mauvaise direction. Hors de la maison parmi ses amis il essayera de les imiter. J’ai conseillé à maintes reprises aux parents d’être vigilants à propos des amis que fréquentent leurs enfants ainsi que des émissions qu’ils regardent la télé et de leur usage d’Internet. L’éducation morale de l’enfant débute dès la petite enfance, souvenez-vous en. N’attendez pas que l’enfant soit plus âgé pour faire son éducation : cela doit commencer quand il a deux ou trois ans.

L’enfant apprend de ses parents et de ses aînés et les imitent. Ne croyez pas qu’il est trop jeune pour comprendre : il voit tout et les actions de ses parents s’inscrivent inconsciemment dans sa mémoire. Les filles imitent leur mère dans leurs jeux et dans leur mode vestimentaire et les garçons imitent leurs pères. Et ils répètent les défauts ou les vertus de leurs parents.

Quand il sera capable de raisonner on expliquera à l’enfant [la différence entre] le bien et le mal : on lui dira par exemple que ce n’est pas bien mentir et que l’on doit respecter ses promesses. Mais si l’enfant constate que ses parents mentent et qu’ils ne respectent pas leurs paroles, il n’appliquera pas les consignes qu’il a reçues, mais suivra le mauvais exemple qu’il a vu. Ses habitudes se forgent très jeune et il rejettera ces conseils.

Si l’enfant constate que sa mère est négligente dans ses prières et que quand son père lui questionne à ce sujet elle répond « Je ne l’ai pas encore faite et que je la ferai plus tard » ou « J’ai oublié, je la ferai après » l’enfant gravera ces réponses dans sa mémoire et les présentera à son tour quand on le questionnera sur ses prières.

Si l’enfant était avec sa mère pendant toute la journée et qu’il ne l’a pas vue prier et que cette dernière dit à son mari qu’elle a accompli sa Salat, l’enfant retiendra cette situation et les propos [de sa mère] dans sa mémoire. Il en sera de même pour les mauvaises habitudes de son père.

Quand les parents priveront ainsi leur enfant d’une bonne éducation en commettant des actes condamnables ils le pousseront dans une mauvaise direction. Plus tard il répétera les mêmes défauts et donnera les mêmes réponses. L’influence négative des voisins et des amis des parents laissera aussi leur empreinte sur l’enfant. Si l’on désire réformer ses actions et celle de ses enfants, les parents devront être vigilants concernant leurs conditions et devront choisir des amis dont les actions sont louables.

L’enfant qui se trouve dans un milieu sain accomplira de bonnes œuvres ; il en est de même du contraire. Et quand essayera de convaincre un enfant qui a vécu dans un milieu pernicieux que telle action est condamnable et qu’il faut l’éviter il sera trop tard et les parents ne devront pas se plaindre en disant que leur enfant s’est corrompu. Les parents doivent faire en sorte que leurs enfants accomplissent la prière, disent la vérité et doivent leur inculquer d’autres valeurs en servant d’exemples en premier.

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Hadrat Mirza Masroor Ahmad
Cinquième Calife
de la Communauté Ahmadiyya

Les habitudes adoptées au cours de l’enfance ont un effet permanent. Le deuxième Calife a cité l’exemple d’un compagnon du Messie Promis (a.s.) issu d’une grande famille sikhe et qui avait embrassé l’Ahmadiyya : il ne consommait pas la viande de vache dès son enfance et ses amis [ahmadis] lui forçaient à en manger. Un autre jour on en avait fait manger à lui ou à un autre converti : il en a eu une telle nausée qu’il a tout vomi. C’était en raison du dégoût qu’il avait pour la chair dès son enfance. Même en ayant accepté l’Islam à l’âge adulte il ne pouvait s’en débarrasser. Certes il avait changé de croyance mais il n’avait pu se départir de cette répugnance pour la chair que ses parents avaient inscrite dans sa nature dès son enfance.

Le deuxième Calife explique que l’action est visible et peut être reproduite par les autres et ressemble à la semence mise en terre. Les croyances quant à elles ne sont pas palpables et leur influence est limitée. La doctrine est comme la greffe que l’on insère dans une autre plante : le greffon donne des branches et des fruits nouveaux après un effort conscient. Mais les œuvres sont à l’image de la plante qui pousse d’une semence mise en terre : quand le climat est propice elle envoie ses racines et commence à germer.

Le mal se répand facilement à cause des transgressions commisses par ceux qui appartiennent à notre djama’at et les autres. Les sociétés répandent à la fois le bien et le mal d’où la raison d’une vigilance à tout épreuve. Il y a d’autres raisons que j’évoquerai plus tard insha Allah. Qu’Allah nous accorde la possibilité d’effectuer notre réforme et celle de nos enfants et qu’Il nous permet d’être attentifs à ce propos.

Après les prières je dirigerai la prière funéraire de Mokarram Khalid Ahmad Al-Buraki de la Syrie. Le défunt était un ingénieur de 37 ans dont les parents, originaires d’un village des alentours de Damas, avaient embrassé l’Ahmadiyya en 1986. Le père du défunt a été persécuté et menacé [en raison de son appartenance à la djama’at] ; il a été emprisonné, pour la même raison, en 1989 pour six mois et à deux reprises depuis l’éclatement de la crise syrienne en 2012-2013. Tous les frères et soeurs de M. Khalid Ahmad Al-Buraki ont embrassé l’Ahmadiya. Le 18 octobre 2013 les services de renseignements syriens ont arrêté le défunt et on a plus eu de nouvelles de lui. Et le 9 décembre dernier les renseignements militaires ont appelé son père et lui ont donné des papiers concernant son fils en disant qu’il est décédé depuis le 28 octobre 2013, Innallilahi Wa Inna Ilaihi Rajioune. Ils ne lui ont même pas remis la dépouille de son fils. Il est fort probable que Khalid Ahmad Al-Buraki est décédé des suites des tortures qu’il a subies.

Le défunt était une personne vertueuse, imbue de Taqwa, pleine de compassion, respectueuse des préceptes de la foi. Il avait une voix très mélodieuse quand il récitait le Saint Coran. Il accomplissait, de gaieté de cœur, toute tâche qu’on lui confiait, était d’une grande fidélité à l’égard de la djama’at et avait une grande affection pour le Califat. Il aimait son pays et l’humanité dans son ensemble.

Le défunt était le président de sa djama’at locale et occupait aussi le poste de secrétaire Talim-Ul-Qur’an et Waqf-i-Ardi. Il était aussi musi par la grâce de Dieu et était régulier dans ses contributions financières. Son épouse est aussi ahmadie et il laisse derrière lui une fille et deux fils : les deux premiers ont moins de six ans. Hisam Ud Din, son deuxième fils, est né quelques semaines avant son arrestation.

Le défunt avait partagé cette prière sur sa page Facebook peu de temps avant d’être arrêter : « L’amour pour sa patrie fait partie de la foi. Ô mon Seigneur protège mon pays, soutien le et rend encore plus beau. Fasse que ces habitants soient davantage proches de Toi et fasse qu’ils s’aiment davantage. Ô mon Seigneur aide les pieux parmi mes concitoyens, ceux qui désirent la paix et ceux qui désirent répandre le bien. »

Qu’Allah exauce cette prière en faveur de son pays et de la Oummah et que ces troubles cessent. M. Tahir Nadeem relate ceci : « Le défunt était toujours en contact [le bureau arabophone] et nous l’avions connu lors de notre séjour en Syrie. Il avait un grand sens de l’hospitalité, était d’une grande simplicité et très humble. Il venait souvent nous rencontrer dans notre centre à Damas et était assoiffé de connaissance. Dès qu’il recevait un livre de la djama’at il le dévorait avec engouement. Il retapait à l’ordinateur les anciens livres de la djama’at et les articles du journal Al-Bushra et nous aidait concernant la révision des traductions faites en arabe. Il avait un très grand attachement pour le Messie Promis (a.s.) et pour le Califat. Lors de l’émission diffusée en direct le jour du Messie Promis (a.s.) il avait envoyé des messages remplis d’émotion. Il avait enregistré, d’une voix très émouvante, un poème composé par leMessie Promis (a.s.) . »

Le 1er avril 2012 il m’a envoyé une lettre dans laquelle il a évoqué un rêve qu’il a fait en 2006 dans lequel on lui avait demandé de ne jamais renoncer à la vérité et de ne jamais flancher. Il en avait déduit qu’on lui confierait de grandes responsabilités. Quand il a été nommé président de la djama’at de sa région il croyait le rêve s’était accompli. Mais étant donné qu’on lui avait demandé de ne pas abandonner la vérité et de pas flancher cela voulait dire qu’il devrait offrir le sacrifice de sa vie. Apparemment c’est dans cet état a rendu l’âme et il a été ferme dans sa foi jusqu’au bout. Qu’Allah exalte son statut.

Un autre missionnaire relate que le défunt était sincère et honnête sur son lieu de travail, car disait-il « Je suis un ahmadi et je veux que les gens sachent que les ahmadis sont intègres, travailleurs et possèdent de grandes qualités morales. » 
Il était passionné de tabligh et puisqu’il lui était interdit de prêcher au travail il essayait de toucher ses collègues avec ses qualités afin qu’ils s’intéressent à l’Ahmadiyya. Il aimait son pays et quand j’ai prononcé des sermons sur la situation [des pays arabes], il a demandé à ses amis de les écouter et leur a dit de mettre fin à la violence et de promouvoir la paix. Mais d’aucuns voulait nuire à sa personne et c’est ainsi que [Dieu lui a conféré le statut] de martyr. Qu’Allah exalte son rang au Paradis. Amin.